lundi 26 août 2013

Sucré salé


Sucré salé

Un sucre à la mer ! un sucre à la mer !
Les curieux se sont agglutinés sur la plage.
Un sucre à la mer ! un sucre à la mer !
On crie : à l’assassin ! au vol ! à l’abordage !
On se rue vers l’enfant égaré sur la grève.
Il court, il se démène, il tombe, il se relève.
Et l’on attrape enfin le pauvre miochet
Qui d’un kilo de sucre a fait des ricochets.
Un sucre à la mer ! un sucre à la mer !
On le secoue (il pleure) et l’on fait la leçon,
Bras tendus, face au large, et l’on tient des propos,
Des sermons, des discours, des topos écolos,
Pour faire du voyou un bon petit garçon.
Un sucre à la mer ! un sucre à la mer !
On s’indigne, on s’étonne et l’on crie à tue-tête :
- Qu’ai-je fait au bon dieu ? Où avais-tu la tête ?
- A-t-on déjà mangé de la morue sucrée ?
- Veux-tu que l’on tartine au beurre demi-sucre ?
- Les poissons, les dauphins, tu veux les massacrer,
Et finir par mener la planète au sépulcre ?
- Un sucre à la mer ! un sucre à la mer !
- Il faudrait supprimer toutes les friandises !
- Ça pousse la marmaille à faire des bêtises !
L’enfant n’écoute plus, il fait la sourde oreille
Aux cris assourdissants, aux mille réprimandes.
Égaré sur la plage, à deux pas de Guérande,
Il avance. Et, les yeux tournés vers le soleil,
Il dit :
- Pardonnez-moi ce geste criminel.
Je voulais que le vent laisse sur les parcelles
De nos marais salants, à la place du sel,
Pour Grand-Mi qui somnole au paradis du ciel,
Jusqu’à la fin des temps, des tas de caramel…

mardi 20 août 2013

Little Horneau



Little Horneau de Concarneau,
Petit mollusque minuscule,
Camouflé sous son opercule,
Brigue la taille de l’ormeau.

Il faut bien dire qu’en ces flots,
De l’orphie jusqu’à l’espadon,
De la sardine jusqu’au thon,
Le petit redoute le gros :
L’éperlan fuit le maquereau.

Voilà pourquoi Little Horneau,
Notre nabot de Concarneau,
Broutant contre vents et marées,
Se hâte de tout dévorer.
Ainsi, ventru, dodu, replet,
Il deviendra le grand, le beau,
Le succulent escargot d’eau,
Mais comestible Big Horneau.

lundi 15 juillet 2013

Faire-part

Monsieur et Madame Darty ont la douleur de vous faire part de l'incinération de feu Darty fils qui a eu lieu le 14 juillet dernier.

dimanche 24 février 2013

Chézine




Ventre de soie sur lit de sable,
Lente chenille s’achemine
Sous la charmille
Qui déboutonne
Sa rousse chemise d’automne.
 Chézine caresse, démêle
Les chevelures enchevêtrées
D’herbes mélusines voisines,
Avant de gagner la grand-ville.
Ici, dans le val élargi,
Chézine assise entre deux chênes,
Chézine hésite, prend ses aises,
Retient son souffle
Et puis s’en va
Rejoindre Loire, sa cousine…

mercredi 19 décembre 2012

L'heure des mamans


L’heure des mamans


Lorsque sonne la cloche annonçant la sortie,
Les mamans s’agglutinent devant le portail,
Pour mieux apercevoir le retour des petits
Qui vont, en rangs serrés, retrouver leur bercail.

Elles ont souvent le cœur qui bat un peu plus fort,
Car il leur a fallu mettre en veille l’amour,
Pour  économiser baisers et réconforts,
Qui calmeraient les cris et les chagrins de cour.

Ainsi vit chaque école, à l’heure des mamans,
Mais ce soir, à Newtown un portail s’est ouvert,
Pour laisser passer un cortège funéraire,
Au milieu des soupirs, des pleurs, des hurlements.


mardi 25 septembre 2012

Racines



Racines


Je suis de ce pays où le nez de la France
Flaire indifféremment l’Atlantique ou la Manche.
Je suis de la Presqu’île où l’averse s’épanche,
Pour gonfler le Blavet, la Vilaine et la Rance.

Chez nous, lorsque le ciel veut se teinter de plomb,
Et s’affaisser, jusqu’à étouffer les calvaires,
Ce n’est que pour montrer, sur les flancs des abers,
Les guirlandes dorées de la fleur de l’ajonc.

La mer qui se retire au bord de l’horizon
Nous laisse ses parfums de goémon iodé,
Pour revenir, plus belle, et d’écume fardée,
Transportant ses soupirs aux pieds de nos maisons.

Le soir, les goélands rassemblés sur les toits
Echangent des propos d’aventures marines,
Récoltées au hasard de belles brigantines
Qui vers le nouveau monde agitaient leurs pavois.

Je suis de ce pays où le nez de la France
Respire les embruns des vagues qui moutonnent,
Pour admirer, le soir, les soleils en partance,
Et gonfler les poumons de tout un Hexagone.

lundi 17 septembre 2012

à Laetitia


Le trou bleu


Celui qui baptisa les eaux de la carrière
Devait certainement songer au bleu des cieux,
Au manteau de Marie, au saphir le plus cher,  
Pensant que les brochets n’y verraient que du bleu.

Celui qui baptisa les eaux de la carrière,
Où s'inclinent les aulnes de Lavau-sur-Loire,
Y voyait le bonheur, la joie à ciel ouvert,
Sous l’onde transparente où glisse la nageoire.


Celui qui baptisa les eaux de la carrière
Où se mirent, le jour, les rameaux d’acacias,
Ignorait que le gouffre, au lieu d’un cimetière,       
Hébergerait un soir le corps de Laetitia.