lundi 15 juillet 2013
Faire-part
Monsieur et Madame Darty ont la douleur de vous faire part de l'incinération de feu Darty fils qui a eu lieu le 14 juillet dernier.
dimanche 24 février 2013
Chézine
Ventre de soie sur lit
de sable,
Lente chenille
s’achemine
Sous la charmille
Qui déboutonne
Sa rousse chemise
d’automne.
Chézine caresse, démêle
Les chevelures
enchevêtrées
D’herbes mélusines
voisines,
Avant de gagner la
grand-ville.
Ici, dans le val
élargi,
Chézine assise entre
deux chênes,
Chézine hésite, prend
ses aises,
Retient son souffle
Et puis s’en va
Rejoindre Loire, sa
cousine…
mercredi 19 décembre 2012
L'heure des mamans
L’heure des mamans
Lorsque sonne la cloche annonçant la sortie,
Les mamans s’agglutinent devant le portail,
Pour mieux apercevoir le retour des petits
Qui vont, en rangs serrés, retrouver leur bercail.
Elles ont souvent le cœur qui bat un peu plus fort,
Car il leur a fallu mettre en veille l’amour,
Pour économiser baisers et réconforts,
Qui calmeraient les cris et les chagrins de cour.
Ainsi vit chaque école, à l’heure des mamans,
Mais ce soir, à Newtown un portail s’est ouvert,
Pour laisser passer un cortège funéraire,
Au milieu des soupirs, des pleurs, des hurlements.mardi 25 septembre 2012
Racines
Racines
Je suis de ce pays où le nez de la
France
Flaire indifféremment l’Atlantique ou la
Manche.
Je suis de la Presqu’île où l’averse
s’épanche,
Pour gonfler le Blavet, la Vilaine et la
Rance.
Chez nous, lorsque le ciel veut se
teinter de plomb,
Et s’affaisser, jusqu’à étouffer les
calvaires,
Ce n’est que pour montrer, sur les
flancs des abers,
Les guirlandes dorées de la fleur de l’ajonc.
La mer qui se retire au bord de
l’horizon
Nous laisse ses parfums de goémon iodé,
Pour revenir, plus belle, et d’écume fardée,
Transportant ses soupirs aux pieds de nos
maisons.
Le soir, les goélands rassemblés sur les
toits
Echangent des propos d’aventures marines,
Récoltées au hasard de belles brigantines
Qui vers le nouveau monde agitaient
leurs pavois.
Je suis de ce pays où le nez de la
France
Respire les embruns des vagues qui
moutonnent,
Pour admirer, le soir, les soleils en
partance,
Et gonfler les poumons de tout un
Hexagone.
lundi 17 septembre 2012
à Laetitia
Le trou bleu
Celui qui baptisa les eaux de la carrière
Devait certainement songer au bleu des cieux,
Au manteau de Marie, au saphir le plus cher,
Pensant que les brochets n’y verraient que du bleu.
Celui qui baptisa les eaux de la carrière,
Où s'inclinent les aulnes de Lavau-sur-Loire,
Y voyait le bonheur, la joie à ciel ouvert,
Sous l’onde transparente où glisse la nageoire.
Celui qui baptisa les eaux de la carrière
Où se mirent, le jour, les rameaux d’acacias,
Ignorait que le gouffre, au lieu d’un cimetière,
Hébergerait un soir le corps de Laetitia.
lundi 2 juillet 2012
Aux jeunes martyrs Syriens
Ils ont les yeux ouverts, mais on dirait qu’ils
dorment.
Alignés sur le sol, froidement assagis,
Quarante-neuf marmots, aux seuils de leurs logis,
Témoignent sourdement d’une violence énorme.
Dans les rues de Houla, ils couraient, comme court
L’enfant qui ne sait rien de la folie des hommes,
Qui tue aveuglément, qui égorge ou assomme,
Confondant à coup sûr, barbarie et bravoure.
Il n’est aucun pouvoir obtenu par la mort,
Aucun honneur issu des larmes d’un enfant,
Aucune gloire à ceux qui nuisent aux vivants !
Honte aux tyrans qui règnent par le corps à corps !
Ils étaient des marmots qui couraient effarés,
Quarante-neuf bambins d’un pays torturé,
Quarante-neuf bourgeons d’un peuple décimé ,
Quarante-neuf enfants qui imploraient pitié…
mardi 7 février 2012
Chanson
Rupture
Je suis pris dans ta nasse,
Comme un vieux cabillaud.
Je rêvais des Sargasses,
Et je marine à Palaiseau.
Me r’mettre à flot,
Hisser la voile,
Me j’ter à l’eau,
Quitter ta toile,
Larguer l’anneau,
Changer d’étoile,
Sauter dans le premier métro.
Tu n’vois pas qu’on dérive,
Que notre amour prend l’eau ?
On n’suit pas la même rive,
Dis-moi c’qu’on fait sur ce radeau.
Prendre la vie
A rebrouss’-poil,
Vers Varsovie,
Se fair’ la malle,
Tu vois, Sylvie,
Faut qu’je détale…
Plus d’soupe à la grimace,
J’veux plus jouer les brise-glace,
Il faut refair’ surface.
J’ai rien à fair’ dans ton troupeau.
- On en r’parl’ra demain tantôt,
Ils vont r’froidir nos haricots !
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