lundi 24 mars 2014

Si les gabares…





Si les gabares pouvaient parler,
Elles sauraient nous la raconter,
L’histoire du saulnier de Guérande,
Et de sa fiancée d’Ingrandes,
Qu’il courtisait de tant de zèle,
Qu’elle lui offrit sa fleur de sel,
Sans besoin qu’il la lui demande.
Elles en auraient à raconter,
Si les gabares pouvaient parler…

Si les gabares savaient chanter,
Quand elles s’allongent sur les quais,
L’accordéon, à chaque escale,
Viendrait leur souffler, dans les voiles,
Des airs venus du moyen-âge,
Par les vieux chemins de halage.
À l’heure où montent  les étoiles,
Elles en auraient à fredonner,
Si les gabares savaient chanter.

Si les gabares pouvaient pleurer,
Sur l’ombre des marins noyés,
Tous les jours on pourrait entendre,
Quand le ciel est noir à se pendre,
Gémir les planches de bois mort,
Sangloter les poulies du bord,
Grincer les cordages de chanvre.
Elles sauraient la larme verser,
Si les gabares pouvaient pleurer…

Mais elles ne savent que rêver,
Les gabares du temps passé,
Sous le soleil ou sous la neige,
Elles se rappellent des cortèges,
De chalands, de chalibardons,
Du côté des berges d’Oudon.
Ne craignez que leurs sortilèges
Ne viennent vous ensorceler :
Gabares ne savent que rêver.

jeudi 23 janvier 2014

Bonne année

Bonnet, heureuse apnée
aux nageurs de combat,
et, à vos souhaits, bien sûr,
à vous qui êtes Hernu.
Je couette, évidemment,
une boutonneuse acné
aux jeunes filles en boutons,
une bonne arachnée
aux mygales qui, dit-on,
ignorent le feston.
Une bonne et vieille aînée
à tous les Benjamins,
très longue éternité
au petit père Hussein,
au Golfe et à sa dame.
Je fouette une bonne tannée,
une joyeuse ânée
à ceux qui me font braire,
de gros et doux nénés
aux filles de Mamers,
de nouvelles guinées
à ceux dont trop longtemps
on a frappé l'écu,
une longue ahanée
aux bûcherons musclés,
et, polytechniquement,
un joyeux Prytanée



à tous les Saint-Cyriens,
Saint-Cyr, sincir,
très sincirement
vraiment.

lundi 26 août 2013

Sucré salé


Sucré salé

Un sucre à la mer ! un sucre à la mer !
Les curieux se sont agglutinés sur la plage.
Un sucre à la mer ! un sucre à la mer !
On crie : à l’assassin ! au vol ! à l’abordage !
On se rue vers l’enfant égaré sur la grève.
Il court, il se démène, il tombe, il se relève.
Et l’on attrape enfin le pauvre miochet
Qui d’un kilo de sucre a fait des ricochets.
Un sucre à la mer ! un sucre à la mer !
On le secoue (il pleure) et l’on fait la leçon,
Bras tendus, face au large, et l’on tient des propos,
Des sermons, des discours, des topos écolos,
Pour faire du voyou un bon petit garçon.
Un sucre à la mer ! un sucre à la mer !
On s’indigne, on s’étonne et l’on crie à tue-tête :
- Qu’ai-je fait au bon dieu ? Où avais-tu la tête ?
- A-t-on déjà mangé de la morue sucrée ?
- Veux-tu que l’on tartine au beurre demi-sucre ?
- Les poissons, les dauphins, tu veux les massacrer,
Et finir par mener la planète au sépulcre ?
- Un sucre à la mer ! un sucre à la mer !
- Il faudrait supprimer toutes les friandises !
- Ça pousse la marmaille à faire des bêtises !
L’enfant n’écoute plus, il fait la sourde oreille
Aux cris assourdissants, aux mille réprimandes.
Égaré sur la plage, à deux pas de Guérande,
Il avance. Et, les yeux tournés vers le soleil,
Il dit :
- Pardonnez-moi ce geste criminel.
Je voulais que le vent laisse sur les parcelles
De nos marais salants, à la place du sel,
Pour Grand-Mi qui somnole au paradis du ciel,
Jusqu’à la fin des temps, des tas de caramel…

mardi 20 août 2013

Little Horneau



Little Horneau de Concarneau,
Petit mollusque minuscule,
Camouflé sous son opercule,
Brigue la taille de l’ormeau.

Il faut bien dire qu’en ces flots,
De l’orphie jusqu’à l’espadon,
De la sardine jusqu’au thon,
Le petit redoute le gros :
L’éperlan fuit le maquereau.

Voilà pourquoi Little Horneau,
Notre nabot de Concarneau,
Broutant contre vents et marées,
Se hâte de tout dévorer.
Ainsi, ventru, dodu, replet,
Il deviendra le grand, le beau,
Le succulent escargot d’eau,
Mais comestible Big Horneau.

lundi 15 juillet 2013

Faire-part

Monsieur et Madame Darty ont la douleur de vous faire part de l'incinération de feu Darty fils qui a eu lieu le 14 juillet dernier.

dimanche 24 février 2013

Chézine




Ventre de soie sur lit de sable,
Lente chenille s’achemine
Sous la charmille
Qui déboutonne
Sa rousse chemise d’automne.
 Chézine caresse, démêle
Les chevelures enchevêtrées
D’herbes mélusines voisines,
Avant de gagner la grand-ville.
Ici, dans le val élargi,
Chézine assise entre deux chênes,
Chézine hésite, prend ses aises,
Retient son souffle
Et puis s’en va
Rejoindre Loire, sa cousine…

mercredi 19 décembre 2012

L'heure des mamans


L’heure des mamans


Lorsque sonne la cloche annonçant la sortie,
Les mamans s’agglutinent devant le portail,
Pour mieux apercevoir le retour des petits
Qui vont, en rangs serrés, retrouver leur bercail.

Elles ont souvent le cœur qui bat un peu plus fort,
Car il leur a fallu mettre en veille l’amour,
Pour  économiser baisers et réconforts,
Qui calmeraient les cris et les chagrins de cour.

Ainsi vit chaque école, à l’heure des mamans,
Mais ce soir, à Newtown un portail s’est ouvert,
Pour laisser passer un cortège funéraire,
Au milieu des soupirs, des pleurs, des hurlements.